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Logiciel CGP : le guide complet 2026 (compliance, IA, multi-cabinet)

Tout pour choisir un logiciel CGP en 2026 : critères, IA, compliance AMF, comparatif 5 acteurs, ROI, migration. Guide complet pour cabinets 1 à 50 CGP.

David Lin41 min de lecture

Par David LIN, CGP CIF IAS — ORIAS 19006482 — Fyneo Patrimoine

En bref : 67 % des CGP indépendants gèrent encore leur conformité via Excel en 2026 (ANACOFI). La décision Kerdiz Finance (AMF, 1er avril 2026 : 300 000 € d'amende + interdiction professionnelle 5 ans) confirme que cette pratique est désormais une faute caractérisée. Ce guide vous donne les critères concrets pour évaluer, choisir et déployer un logiciel CGP adapté à votre cabinet — de 1 à 50 conseillers.

Table des matières

  1. Pourquoi un logiciel CGP en 2026 est devenu non-optionnel
  2. Les 8 critères de choix d'un logiciel CGP
  3. Les couches fonctionnelles d'un logiciel CGP complet
  4. Stack technique : ce qui distingue les solutions existantes des solutions natives
  5. L'IA dans le logiciel CGP : cas d'usage concrets en 2026
  6. Compliance complète : AMF, ACPR, CNCEF, DORA, RGPD, AI Act
  7. Migrer depuis Harvest, O2S ou un outil existant
  8. Comparatif marché 2026 : 5 acteurs et le positionnement Fyneo
  9. ROI et budget : coût total sur 3 ans, gains temps, exemples cabinets
  10. Checklist 30 points + feuille de route 90 jours pour démarrer
  11. 10 questions fréquentes (FAQ)

Chapitre 1 — Pourquoi un logiciel CGP en 2026 est devenu non-optionnel

Le contexte réglementaire a basculé

Le 1er avril 2026, la Commission des sanctions de l'AMF a rendu sa décision dans l'affaire Kerdiz Finance et Conseil. Trois griefs centraux : un Document d'Entrée en Relation (DER) ne précisant pas clairement le caractère non-indépendant du conseil, des frais ex ante incomplets, et un archivage documentaire défaillant. Résultat : 300 000 € pour la société, 75 000 € pour chacun des deux dirigeants, et une interdiction professionnelle de 5 ans.

Ce n'est pas un cas isolé. En juillet 2025, l'AMF avait déjà sanctionné un cabinet pour 30 % de déclarations d'adéquation recommandant des SCPI que l'investisseur n'avait finalement pas souscrites (accord de composition, source : H24 Finance / AMF). En janvier 2026, elle a publié ses priorités de supervision #IMPACT2027 : surveillance renforcée des PSI et CIF, mise en œuvre de DORA, contrôle de la cohérence entre préférences ESG déclarées et produits conseillés.

Ce que cela signifie concrètement : un cabinet qui gère sa conformité avec des fichiers Word, des PDF dans des dossiers partagés et des tableaux Excel n'est pas en retard — il est en faute. La question n'est plus "faut-il un logiciel ?" mais "lequel choisir et comment le déployer vite ?"

Le chiffre qui fait mal : 67 % encore sur Excel

Selon les données ANACOFI 2025 (relayées par plusieurs acteurs du marché), 67 % des CGP exerçant à leur propre compte dans des cabinets de moins de 5 conseillers gèrent tout ou partie de leur conformité via des outils bureautiques. Cela représente plusieurs milliers de cabinets exposés à un risque documentaire structurel au regard des nouvelles priorités de supervision AMF.

En parallèle, un contrôle AMF mobilise en moyenne 15 à 40 heures de préparation documentaire pour un cabinet non équipé, contre 2 à 5 heures pour un cabinet disposant d'un logiciel dédié (source : Majors Finance, données marché 2026). Pour un cabinet à 2 conseillers, c'est la différence entre une interruption d'activité de 2 jours et une interruption de moins d'une demi-journée.

La pression concurrentielle s'accélère

Les nouveaux entrants arrivent sur un angle clair : conformité automatisée et IA. Wealthcome (fondé en 2022, levée 7 M€ avec BlackFin Capital Partners en 2025, 600 entités utilisatrices et 40 Md€ d'encours agrégés) renforce son IA post-levée. Karbonalpha (Aix-Marseille, élu Fintech de l'année 2024 par Gestion de Fortune) se distingue par sa piste d'audit fiable sur blockchain et son archivage à valeur probante (SAE) — réponse directe aux exigences de traçabilité non altérable. Majors Finance assume le positionnement IA-native le plus complet : 7 assistants IA spécialisés (fiscalité, conformité AMF, succession, droit des sociétés…), hébergement souverain France, génération de DER en 3 minutes revendiquée. À côté de ces nouveaux entrants, Wizio revendique plus de 1 200 cabinets clients et a intégré Figen AI dans son offre — sans remettre en cause la position dominante de Harvest, classé "numéro 1 de l'édition de solutions digitales pour les métiers du conseil financier et patrimonial" 8 années consécutives au Palmarès Gestion de Fortune.

Le marché valide la douleur. Il fragmente l'offre. Pour un cabinet qui choisit aujourd'hui son logiciel, l'enjeu est de ne pas se retrouver dans 18 mois avec un outil déjà dépassé sur la couche IA.

À retenir : en 2026, un logiciel CGP n'est plus un outil de confort. C'est une exigence réglementaire de fait — la décision Kerdiz en a fixé le prix plancher. Un contrôle AMF ou ACPR est la meilleure façon de mesurer le coût d'un retard d'équipement.

Chapitre 2 — Les 8 critères de choix d'un logiciel CGP

Tous les éditeurs du marché présentent des listes de fonctionnalités comparables en surface. La différence se lit dans les détails d'implémentation, les choix d'architecture et les contraintes de conformité. Voici les 8 critères à évaluer sérieusement — avec les questions à poser à chaque éditeur.

Critère 1 — Couverture réglementaire exhaustive

Ce que vous devez vérifier : le logiciel couvre-t-il le DER conforme MiFID II, incluant la mention explicite du caractère non-indépendant ou indépendant du conseil ? Gère-t-il les profils de risque MIF, le rapport d'adéquation, la collecte des préférences ESG/durabilité, l'évaluation du caractère approprié ? Couvre-t-il la documentation LCB-FT (questionnaire de connaissance client, PEP, gel des avoirs, archivage des justificatifs) ? Intègre-t-il la DDA (formation continue 15h/an, quiz, certification des modules) ?

Question clé à poser à l'éditeur : "Quand la décision Kerdiz a été publiée en avril 2026, qu'est-ce que vous avez mis à jour dans votre logiciel et sous quel délai ?"

Critère 2 — Architecture multi-cabinet et gestion des accès

Un logiciel pensé pour un cabinet solo n'est pas adapté à un cabinet à 5 conseillers. Et un outil conçu pour 20 conseillers sera surdimensionné et sur-facturé pour 2.

Ce que vous devez vérifier : gestion fine des droits par rôle (conseiller, superviseur, dirigeant, back-office), cloisonnement des portefeuilles clients par conseiller avec vision consolidée pour le responsable, journal d'audit (qui a accès à quoi, qui a modifié quoi, quand), supervision à distance pour le dirigeant hors cabinet.

Critère 3 — Intégrations avec les partenaires et sources de données

Un logiciel isolé n'est pas un logiciel métier. Il doit se connecter à votre environnement.

Intégrations critiques : dépositaires (Spirica, Generali, Swiss Life, Cardif, Apicil), agrégateurs de comptes (Powens, Fintecture), sources de données financières (Quantalys, Bloomberg, MorningStar), plateformes de souscription (Nalo, Alpheys, Investissement.fr), courriels et signature électronique (DocuSign, Yousign, Universign).

Question clé : "Listez les 10 partenaires avec lesquels vous avez une connexion API native — pas un export CSV, une connexion API bidirectionnelle."

Critère 4 — Souveraineté et sécurité des données

Depuis la faille Harvest/O2S en 2025 (1 500 cabinets sans accès à leurs données), la question de la souveraineté des données n'est plus théorique.

Ce que vous devez vérifier : hébergement en France ou en UE, contrat de traitement des données (accord RGPD) disponible et signable, plan de continuité d'activité documenté, propriété de vos données en cas de résiliation (export complet sous quel format et sous quel délai), conformité DORA pour les cabinets sous statut PSI.

Signal d'alerte : tout éditeur qui héberge vos données chez AWS us-east-1 sans sous-traitant UE documenté n'est pas conforme au RGPD article 44.

Critère 5 — Capacités IA et automatisation

Ce que vous devez évaluer (voir Chapitre 5 pour le détail) : pré-remplissage du rapport d'adéquation depuis les données existantes du dossier client, détection des incohérences entre profil MIF, préférences ESG et allocations recommandées, alerte automatique sur les revues périodiques clients dues (MiFID II : annuelle minimum), vérification LCB-FT automatisée (filtrage PEP/sanctions en temps réel), génération du DER conforme avec contrôle des mentions obligatoires.

Critère 6 — Ergonomie et courbe d'apprentissage

Un logiciel que vos conseillers n'utilisent pas par complexité est pire qu'un Excel. Le retour sur investissement passe par l'adoption réelle.

Ce que vous devez tester en démo : créer un nouveau client et le qualifier entièrement (KYC + MIF + préférences ESG) — combien de minutes ? Produire un rapport d'adéquation pour une recommandation SCPI — combien d'étapes ? Retrouver un document archivé datant de 3 ans — combien de clics ?

Critère discriminant : demandez à voir l'interface sur mobile. Un logiciel CGP moderne doit être utilisable en rendez-vous client depuis une tablette ou un smartphone.

Critère 7 — Support et accompagnement

Ce que vous devez comparer : support technique (email uniquement, ou ticketing avec SLA, ou chat en direct), accompagnement à la prise en main (migration de vos données existantes comprise dans l'offre ou facturée en plus), formation (vidéos seules ou sessions en direct avec les équipes éditeur), mise à jour réglementaire (comment l'éditeur gère-t-il les mises à jour quand l'AMF publie une nouvelle position — délai moyen de mise en conformité).

Critère 8 — Modèle de prix et coût total de possession

Ce que vous devez demander : prix par utilisateur/mois ou prix par cabinet/an, modules optionnels facturés en plus (liste exhaustive), coûts de migration et d'accompagnement, coûts de sortie (export des données, frais de résiliation), clause d'évolution de prix sur la durée du contrat.

Erreur fréquente : comparer uniquement les prix d'entrée entre éditeurs sans intégrer les coûts cachés — intégrations, formation, migration, modules réglementaires optionnels, et heures internes de mise en œuvre. Le coût total réel peut doubler le prix affiché sur le site.

Chapitre 3 — Les couches fonctionnelles d'un logiciel CGP complet

Un logiciel CGP complet couvre sept couches fonctionnelles distinctes. Rares sont les éditeurs qui les couvrent toutes avec la même profondeur. Savoir identifier les lacunes dans chaque couche est essentiel pour un choix éclairé.

Couche 1 — KYC et connaissance client

Fonctions attendues : questionnaire de connaissance client structuré (identité, situation familiale, fiscale, professionnelle, patrimoine, revenus), vérification d'identité avec contrôle de cohérence, détection PEP et filtrage sanctions, collecte et archivage des justificatifs, révision périodique automatique déclenchée par événement (mariage, décès, déménagement, changement de situation professionnelle).

Point de vigilance RGPD : la durée de conservation des données KYC doit être paramétrée par catégorie de données (maximum 5 ans après la fin de la relation commerciale pour les données LCB-FT selon l'article L.561-12 du CMF).

Couche 2 — Profil MIF et adéquation

Fonctions attendues : questionnaire profil de risque conforme MiFID II (tolérance au risque, capacité à supporter les pertes, horizon d'investissement, objectifs), collecte des préférences de durabilité (article 25 MiFID II révisé, taxonomie UE, SFDR), rapport d'adéquation justifiant la recommandation au regard du profil, des préférences ESG et des coûts, évaluation du caractère approprié pour les produits complexes, alerte sur l'obsolescence du profil (révision annuelle minimum requise par MiFID II).

Couche 3 — Gestion documentaire et archivage

Fonctions attendues : coffre-fort numérique par client avec horodatage certifié, versionnage des documents (DER v1, v2, v3 avec dates et signataires), accès client en lecture (espace client sécurisé), recherche intégrale dans les documents archivés, export intégral de toutes les pièces d'un dossier (pour contrôle AMF ou transfert cabinet).

Exigence AMF : tout document transmis au client (DER, rapport d'adéquation, relevé de frais annuel) doit être archivé pendant 5 ans minimum et accessible dans un délai raisonnable lors d'un contrôle.

Couche 4 — Gestion des commissions et réconciliation

Fonctions attendues : saisie ou import des rétrocessions reçues par partenaire et par produit, rapprochement automatique entre commissions attendues (selon encours et taux négociés) et commissions reçues, alertes sur les écarts (commissions manquantes, taux incorrects), relevé annuel des rémunérations par client (obligation MiFID II article 24 alinéa 4), extraction comptable (format CSV, FEC) pour le cabinet-comptable.

Pour le détail des enjeux de la réconciliation automatisée par IA, voir notre article dédié : Réconciliation commissions CGP par IA en 2026.

Couche 5 — CRM et suivi de la relation client

Fonctions attendues : fiche client centralisée (contacts, famille, patrimoine global, produits détenus, notes, tâches), flux de prospection (candidats à devenir clients), tableau de bord des revues périodiques dues, historique complet des interactions (rendez-vous, emails, appels, documents envoyés), tableau de bord de l'activité du cabinet (encours total, revenus, flux de prospection).

Couche 6 — Supervision et organisation multi-conseillers

Fonctions attendues (cabinets de plus de 2 conseillers) : tableau de bord du superviseur avec conformité globale du cabinet, clients sans revue récente, dossiers incomplets, délégation de tâches entre conseillers, cloisonnement des portefeuilles avec vision consolidée dirigeant, journal d'audit des modifications (qui a modifié quoi, quand, depuis quelle IP).

Voir notre guide dédié sur l'architecture multi-conseillers pour cabinets CGP en croissance.

Couche 7 — Formation continue DDA

Fonctions attendues : bibliothèque de modules de formation conformes aux exigences DDA (Directive Distribution d'Assurance), traçage automatique des heures validées par conseiller (minimum 15h/an pour les distributeurs IAD/IAS), certification des modules et archivage des attestations, alertes sur les échéances de renouvellement.

À retenir : la formation continue DDA est une obligation réglementaire, pas une option de confort. Un logiciel qui ne trace pas les heures DDA vous expose à un manquement documentable lors d'un contrôle ACPR.

Chapitre 4 — Stack technique : ce qui distingue le logiciel existant du natif

La technologie sous-jacente d'un logiciel CGP détermine ses capacités d'évolution, ses délais de mise à jour réglementaire, et sa résilience. Voici les distinctions clés entre une solution construite dans les années 2000-2015 et une solution à architecture native.

Solutions existantes : ce que vous reconnaissez

Les solutions construites dans les années 2000-2015 partagent des caractéristiques architecturales communes : base de données relationnelle propriétaire avec des schémas rigides difficiles à faire évoluer quand le réglementaire change, interface web basée sur des technologies obsolètes (jQuery encore présent, pas d'interface mobile native), application monolithique difficile à mettre à jour sans risquer des régressions, API limitées ou inexistantes (les intégrations passent souvent par des exports CSV manuels), hébergement sur site ou en centre de données propriétaire sans SLA de disponibilité garanti contractuellement.

La faille Harvest/O2S de 2025 est emblématique : une architecture monolithique avec un point de défaillance unique a mis 1 500 cabinets sans accès à leurs données pendant plusieurs jours.

Solutions natives : les marqueurs d'une architecture moderne

Une solution construite après 2020 avec une architecture moderne présente ces caractéristiques : API-first (toutes les fonctionnalités exposées via des API REST ou GraphQL, intégrations bidirectionnelles en temps réel), architecture modulaire (les modules conformité, CRM, commissions peuvent être mis à jour indépendamment), hébergement cloud UE avec redondance (réplication multi-zones, délai de rétablissement garanti), interface réactive (expérience cohérente sur ordinateur, tablette, mobile), authentification moderne (OAuth 2.0, SAML 2.0 pour SSO, MFA obligatoire).

DimensionSolution existanteSolution native
Délai de mise à jour réglementaire3-6 mois (release majeure)2-4 semaines (déploiement continu)
Disponibilité contractuelleSouvent sans SLA public99,9% SLA garanti (8h d'indisponibilité max/an)
Intégration partenaireExport CSV + import manuelAPI REST native, webhook temps réel
MobileNavigation dégradéeInterface native
Export données (résiliation)Processus manuel, délai imprévisibleExport automatisé JSON/CSV en moins de 24h
Conformité RGPD article 25 (Privacy by Design)Souvent rattrapage a posterioriConçu dès l'architecture

Vérifiez avec votre logiciel : demandez à l'éditeur son délai de rétablissement (RTO) et son point de reprise (RPO) en cas d'incident majeur. Si ces notions lui sont inconnues ou si la réponse est vague, l'architecture de résilience n'est pas documentée — donc pas testée.

Chapitre 5 — L'IA dans le logiciel CGP : cas d'usage concrets en 2026

L'intelligence artificielle appliquée au métier CGP n'est pas une promesse marketing en 2026. C'est un ensemble de cas d'usage précis, avec des résultats mesurables — et des limites importantes à connaître.

Cas d'usage 1 — Pré-remplissage et contrôle du DER

Le problème : le DER doit être produit lors de chaque nouvelle relation commerciale et mis à jour à chaque modification significative de la situation du client ou des services fournis. Sa rédaction manuelle prend 20 à 45 minutes par client.

Ce que l'IA peut faire : à partir des données déjà collectées dans le dossier client (identité, situation, patrimoine, objectifs, préférences ESG), un modèle de génération de texte peut pré-remplir les sections narratives du DER avec les informations correctes, formatées conformément aux exigences AMF. Le conseiller valide, corrige, signe électroniquement.

Ce que l'IA ne peut pas faire : remplacer le jugement du conseiller sur le contenu du conseil. La responsabilité réglementaire reste sur le CIF signataire du document.

Résultat mesuré : réduction du temps de production d'un DER de 40 à 45 minutes (manuel) à 8 à 12 minutes (IA + validation humaine). Voir notre article pilote sur l'automatisation du DER par IA.

Cas d'usage 2 — KYC continu et alertes de mise à jour

Le problème : MiFID II impose une révision annuelle minimum du profil client. En pratique, sans système d'alerte automatisé, les révisions sont faites de manière réactive (à l'occasion d'un rendez-vous) plutôt que proactive.

Ce que l'IA peut faire : déclencher une alerte automatique quand un client approche de la date anniversaire de sa dernière révision, détecter des événements de vie significatifs (changement d'adresse, nouveau produit souscrit, mouvement important sur le portefeuille) qui justifient une révision anticipée, et pré-remplir le questionnaire de mise à jour avec les données existantes pour réduire la friction pour le client.

Voir notre article complet sur le KYC continu par surveillance IA.

Cas d'usage 3 — Scoring d'adéquation et détection des incohérences

Le problème : 30 % des déclarations d'adéquation examinées par l'AMF en 2025 recommandaient des SCPI différentes de celles effectivement souscrites par l'investisseur. La source de cette incohérence est souvent une désynchronisation entre le profil MIF déclaré et la recommandation effective.

Ce que l'IA peut faire : vérifier automatiquement la cohérence entre le profil de risque MIF, les préférences de durabilité déclarées, l'horizon d'investissement, et les produits recommandés. Signaler toute incohérence avant que le conseiller finalise le rapport d'adéquation.

Exemple concret : un client déclarant un profil prudent avec une aversion au risque forte et un horizon 2 ans ne peut pas se voir recommander une SCPI à capital variable avec frais d'entrée 10 % sans justification explicite documentée. Un système IA détecte cette incohérence en temps réel et impose une justification avant de valider le document.

Cas d'usage 4 — Réconciliation commissions automatisée

Le problème : la réconciliation manuelle des rétrocessions entre les relevés partenaires et les commissions attendues selon les encours et les taux négociés prend entre 3 et 8 heures par mois pour un cabinet gérant 5 à 10 partenaires.

Ce que l'IA peut faire : importer les relevés partenaires (PDF, CSV, XML), extraire les données structurées par reconnaissance optique de caractères et traitement du langage naturel, les rapprocher automatiquement avec les données d'encours du logiciel CGP, et signaler les écarts avec le niveau de confiance de la détection.

Cas d'usage 5 — Assistance LCB-FT

Le problème : la vérification LCB-FT impose un filtrage PEP et sanctions à l'entrée en relation et lors de chaque mise à jour significative du dossier. Faire ce filtrage manuellement via les listes publiques (OFAC, UE, GAFI) est à la fois chronophage et source d'erreurs.

Ce que l'IA peut faire : automatiser le filtrage en temps réel via des API spécialisées, déclencher une alerte sur les correspondances positives, et archiver les résultats du filtrage avec l'horodatage dans le dossier client.

Voir notre article dédié sur la détection des risques LCB-FT par IA pour les CGP.

Les limites de l'IA : ce qu'il faut savoir

Ce que l'IA ne remplace pas : le jugement professionnel sur la pertinence d'une recommandation, la relation humaine lors d'un entretien de conseil, la responsabilité réglementaire du CIF sur les documents produits, la vérification d'identité en présentiel ou par vidéo pour les clients à risque élevé.

Les risques à anticiper : la génération incorrecte (un modèle LLM mal contrôlé peut générer un rapport d'adéquation plausible mais factuellement inexact — toute génération IA doit passer par une étape de validation humaine obligatoire), le biais de confirmation (un scoring d'adéquation IA peut valider une recommandation incorrecte si les données d'entrée sont elles-mêmes incohérentes), et le règlement sur l'IA (les obligations pour les systèmes à risque élevé seront applicables dès août 2026 — les systèmes d'IA utilisés dans le conseil financier réglementé relèvent de la catégorie "risque élevé" selon l'annexe III du règlement — ils doivent être documentés, auditables, et faire l'objet d'une supervision humaine explicite).

À retenir : l'IA dans le logiciel CGP = gain de temps total sur les tâches documentaires (mesurable à la semaine, projetable à l'année — voir Chapitre 9 pour les ordres de grandeur sur un cabinet type) + réduction des erreurs de cohérence réglementaire. Ce n'est pas une automatisation du conseil — c'est une assistance au conseiller. La supervision humaine n'est pas optionnelle réglementairement.

Chapitre 6 — Compliance complète : AMF, ACPR, CNCEF, DORA, RGPD, AI Act

AMF — Autorité des Marchés Financiers

Textes clés applicables aux CIF : Règlement Général AMF (articles 325-1 à 325-67 pour les CIF), Position AMF 2013-02 (relation clientèle CIF), MiFID II transposée (ordonnance n°2017-1107, directive 2014/65/UE), Priorités de supervision 2026 #IMPACT2027.

Ce que votre logiciel doit couvrir : DER conforme avec mention explicite du caractère non-indépendant/indépendant du conseil (contrôle prioritaire post-Kerdiz), rapport d'adéquation documenté pour chaque recommandation (ex ante et ex post), collecte des préférences de durabilité (articles 25 et 54 MiFID II délégué), relevé annuel des frais et coûts (article 24 MiFID II), conservation des enregistrements 5 ans minimum.

ACPR — Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution

Applicable pour les CGP titulaires du statut IAS (Intermédiaire en Assurance) : Directive Distribution d'Assurance (DDA) — 15h de formation continue/an minimum pour les IAD/IAS, Document d'Information sur le Produit d'Assurance (DIPA/IPID), questionnaire d'adéquation pour l'assurance-vie (analyse des besoins), traçage de la formation continue.

CNCEF et associations professionnelles

Adhérent CNCEF, ANACOFI, AFPA ou Compagnie des CGP : chacune peut avoir des exigences supplémentaires ou des outils recommandés. Vérifiez la compatibilité de votre logiciel avec les formats documentaires spécifiques à votre association.

DORA — Digital Operational Resilience Act

En vigueur depuis le 17 janvier 2025, DORA s'applique aux entités financières dont les CGP sous statut PSI (Prestataire de Services d'Investissement).

Ce que DORA impose (résumé pour CGP PSI) : documentation de la dépendance aux prestataires informatiques tiers (y compris votre éditeur logiciel — un "CTPP" au sens de DORA), plan de continuité d'activité numérique documenté et testé, procédure de gestion des incidents cyber (notification à l'AMF sous 4h pour les incidents majeurs), registre des contrats avec les prestataires IT incluant les SLA et clauses de réversibilité.

Ce que votre logiciel doit fournir : accord de niveau de service contractualisé, clause de réversibilité (portabilité des données), documentation sur l'architecture de sécurité (SOC 2 Type II ou ISO 27001 si disponible), procédure de notification d'incident cyber avec délais.

Vérifiez avec votre logiciel : demandez à votre éditeur s'il est documenté comme CTPP au sens de DORA et s'il dispose d'une documentation de ses procédures de continuité que vous pouvez intégrer dans votre plan de continuité. L'absence de réponse structurée est un signal d'alerte.

RGPD — Règlement Général sur la Protection des Données

Pour un cabinet CGP, les points de vigilance principaux : base légale du traitement des données clients (contrat pour les données nécessaires au service, obligation légale pour les données KYC/LCB-FT, consentement pour les communications marketing), durée de conservation par catégorie de données (5 ans pour les données LCB-FT, durée contractuelle + 5 ans pour les données de gestion), sous-traitants (tout éditeur logiciel est un sous-traitant au sens du RGPD — l'accord de traitement des données doit être signé), droit d'effacement (applicable aux données marketing, mais non applicable aux données conservées pour obligation légale), transfert hors UE (si votre éditeur sous-traite le stockage à un prestataire américain sans clauses contractuelles types approuvées par la CNIL, vous êtes en infraction).

AI Act — Règlement UE sur l'Intelligence Artificielle

En vigueur progressivement depuis 2024, avec les obligations pour les systèmes à "risque élevé" applicables dès août 2026. Source : Règlement (UE) 2024/1689 — EUR-Lex.

Pour les CGP utilisant un logiciel avec des fonctionnalités IA : les systèmes d'IA utilisés pour évaluer la solvabilité ou le profil de risque financier d'une personne relèvent de l'Annexe III (risque élevé), obligations de documentation technique (Annexe IV), transparence envers les utilisateurs affectés, supervision humaine, exactitude et robustesse documentées. Votre éditeur logiciel est le "fournisseur" du système d'IA — il doit fournir sa documentation de conformité sur demande.

Chapitre 7 — Migrer depuis Harvest, O2S ou un outil existant

La migration d'un logiciel CGP est redoutée — à raison. Mais la procrastination a un coût réglementaire et opérationnel croissant. Voici un guide méthodique pour la mener sans perte de données et sans interruption d'activité.

Étape 1 — Inventaire de l'existant (2-4 semaines)

Avant de migrer, documentez ce que vous avez :

CatégorieQuestions à répondre
Données clientsNombre de clients actifs ? Nombre de clients archivés ? Format d'export disponible ?
DocumentsCombien de documents par client en moyenne ? Sont-ils hébergés dans le logiciel ou en dehors ?
CommissionsHistorique de combien d'années ? Format des relevés partenaires ?
Profils MIFDate de la dernière mise à jour pour chaque client ? Tous à jour ou certains à renouveler ?
Intégrations activesQuels partenaires sont connectés ? Via API ou export manuel ?

Étape 2 — Export et nettoyage des données (2-3 semaines)

Ce que vous devez demander à Harvest/O2S : export intégral des fiches clients en CSV ou XML avec tous les champs, export des documents archivés en arborescence structurée (par client, par type de document), export de l'historique des commissions sur 5 ans minimum (obligation AMF de conservation), export des profils MIF avec les dates de validation.

Nettoyage préalable : profitez de la migration pour dédoublonner, archiver les clients inactifs depuis plus de 5 ans (vérifiez les obligations de conservation LCB-FT avant), et mettre à jour les profils obsolètes.

Étape 3 — Paramétrage du nouveau logiciel (2-4 semaines)

Configuration des modèles documentaires (DER, rapport d'adéquation) selon vos pratiques et les exigences de votre association professionnelle. Paramétrage des partenaires et des taux de commission. Configuration des accès utilisateurs (si cabinet multi-conseillers). Tests sur un jeu de données réduit (10-20 clients) avant import massif.

Étape 4 — Import et validation (2-3 semaines)

Import en lot des fiches clients. Vérification par sondage (10 % des dossiers) de la cohérence des données importées. Import des documents archivés. Validation par le responsable conformité ou le superviseur du cabinet.

Étape 5 — Bascule et décommissionnement (1-2 semaines)

Date de bascule connue de toute l'équipe. Accès en lecture seule à l'ancien système maintenu pendant 3 mois minimum. Notification des partenaires sur le nouveau canal d'échange de données. Décommissionnement de l'ancien système après 3 mois de stabilisation.

Durée totale réaliste

Taille du cabinetDurée de migration
1 conseiller, moins de 100 clients actifs6-8 semaines
2-5 conseillers, 100-500 clients10-14 semaines
5-15 conseillers, 500-2 000 clients16-24 semaines
Plus de 15 conseillers, plus de 2 000 clients6-12 mois avec accompagnement dédié

Écueils fréquents à anticiper

L'export incomplet : O2S et Harvest ne fournissent pas toujours un export intégral de tous les champs sans demande explicite au support — anticipez 2 à 4 semaines de délai pour obtenir un export complet.

La résistance au changement des conseillers : un accompagnement formation de 2 jours minimum est nécessaire pour chaque conseiller. Ne pas la négliger sous prétexte de "l'interface est intuitive".

Les intégrations partenaires cassées : si vous dépendez d'une connexion API avec un agrégateur ou un dépositaire, vérifiez la compatibilité avec le nouveau logiciel avant de lancer la migration — pas après.

Le double-saisie pendant la transition : évitez absolument de faire coexister deux logiciels actifs pendant plus de 4 semaines. Le risque de désynchronisation des données est majeur.

Erreur fréquente : sous-estimer le temps de la migration. La durée réelle est toujours 40 à 60 % supérieure à l'estimation initiale. Planifiez avec cette marge dès le départ.

Chapitre 8 — Comparatif marché 2026 : acteurs établis, nouvelle génération et positionnement Fyneo Hub

Ce comparatif s'appuie sur des informations publiques (sites éditeurs, presse spécialisée Profession CGP, Investissement Conseils, Gestion de Fortune, Club Patrimoine, L'Usine Digitale) et sur les recherches structurées menées en mai 2026. Il ne constitue pas une recommandation d'achat.

Vue d'ensemble

ActeurStatutPositionnementClients revendiquésIA nativeSource
Stack Harvest (O2S, Big Expert, Quantalys, Fidroit, Manymore, Feefty)Leader historique, n°1 du marché 8 années consécutives au Palmarès Gestion de FortuneCouverture complète CGP, écosystème intégré~1 500 cabinets sur O2SAnnoncée, non nativeharvest.fr
WizioActeur français établiCRM + conformité + agrégation1 200+ cabinets revendiquésFigen AI intégréewizio.fr
EOS by AlpheysSpécialiste AVIntégration native assureurs~300 cabinetsNonAlpheys
WealthcomeNouvelle gen, levée 7 M€ BlackFin 2025Agrégation + suivi clients600 entités, 4 500 utilisateurs, 40 Md€ agrégésEn renforcement post-levéewealthcome.fr
KarbonalphaNouvelle gen, Fintech de l'année 2024 Gestion de FortunePiste d'audit fiable blockchain + SAECroissance, CA 2025 estimé 1,8-2 M€Native, blockchain probantekarbonalpha.com
Majors FinanceNouvelle gen IA-native7 assistants IA spécialisés, hébergement souverain FRRevendiqué croissantNative (LLM dédié par fonction)majors.finance
Fyneo HubVersion alpha — pas encore en développement actifCollectif CGP + logiciel intégré construit par et pour ses membresPré-lancement, V1 prévue 2026, V2 multi-conseillers 2027Native, LLM souverain FR (Mistral via LiteLLM Azure FR)fyneo.org

Stack Harvest (O2S, Big Expert, Quantalys, Fidroit, Manymore, Feefty)

Harvest est le logiciel de référence du marché CGP français depuis plus de 20 ans. O2S (sa solution CGP) est déployée dans environ 1 500 cabinets. La couverture fonctionnelle est complète : KYC, MIF, commissions, reporting, connexion Quantalys. Le groupe Harvest a consolidé l'écosystème par rachats successifs : Fidroit (2020, formation), Quantalys (2021, fonds), Feefty et Manymore (2023). Depuis août 2024, le groupe est détenu par TA Associates et Montagu Private Equity.

Forces : couverture réglementaire historiquement à jour, intégrations nombreuses, environnement de formation mature, écosystème intégré post-acquisitions. Limites : la cyberattaque de février 2025 (source) a exposé la dépendance critique des cabinets sur une architecture centralisée. Coût total de possession régulièrement compris entre 5 000 et 15 000 €/an pour un cabinet de 5 conseillers. Couverture IA native non revendiquée à ce jour.

Wizio

Wizio est un acteur français établi du CRM CGP/CIF, qui revendique plus de 1 200 cabinets clients et a intégré Figen AI dans son offre. Positionnement : couverture CRM + conformité + agrégation + suivi des affaires. Forces : maturité produit, base installée importante, IA en intégration. Limites : à benchmarker précisément vs nouvelle génération sur la profondeur de l'IA et l'auditabilité réglementaire.

EOS by Alpheys

EOS est spécialisé sur la couche assurance-vie, avec une intégration native aux plateformes de souscription Alpheys. Forces : si votre activité est majoritairement orientée assurance-vie, l'intégration native avec les assureurs est un gain de temps significatif. Limites : spectre fonctionnel plus étroit que les solutions généralistes. Les cabinets avec une activité diversifiée (immobilier, titres, SCPI, assurance-vie) auront besoin d'outils complémentaires.

Wealthcome — nouvelle génération agrégation

Fondé en 2022 à Canéjan par Cyprien Delmeule, Wealthcome a levé 1 M€ en 2023 puis 7 M€ avec BlackFin Capital Partners en 2025 (L'Usine Digitale). 600 entités, 4 500 utilisateurs, 40 Md€ d'encours agrégés. L'IA est en cours de renforcement post-levée. À surveiller pour les cabinets qui privilégient l'agrégation patrimoniale et l'expérience utilisateur moderne.

Karbonalpha — blockchain et piste d'audit fiable

Fondé vers 2021 à Aix-Marseille par Xavier Babaud-Dulac, Karbonalpha a été élu Fintech de l'année 2024 par Gestion de Fortune (Investissement Conseils). Différenciateur unique sur le marché : piste d'audit fiable (PAF) sur blockchain et système d'archivage à valeur probante (SAE). C'est une réponse directe à l'exigence de traçabilité non altérable issue des contrôles AMF récents — particulièrement pertinent pour les cabinets souhaitant verrouiller leur archivage juridique au-delà des minimums réglementaires.

Majors Finance — IA native multi-agents

Majors assume le positionnement IA-native le plus complet du marché : 7 assistants IA spécialisés (fiscalité, conformité AMF, succession, droit des sociétés, etc.), hébergement souverain France, génération de DER en 3 minutes revendiquée. Argument structurant pour les cabinets qui veulent industrialiser la production documentaire — sous réserve de la rigueur de validation humaine que tout LLM impose (cf. Chapitre 5).

Note sur le positionnement Fyneo Hub

Fyneo Hub est aujourd'hui en version alpha. Le développement actif n'a pas encore commencé et la première version mobilisable par les cabinets membres est prévue courant 2026, avec une version 2 multi-conseillers en 2027. La démarche est volontairement séquencée : avant de coder, le collectif benchmarke ce qui existe — c'est l'objet de ce comparatif et des recherches qui le sous-tendent — puis travaille l'angle d'impact dans un second temps.

Ce que cela change pour un CGP qui s'intéresse au projet : on n'achète pas un logiciel SaaS prêt à l'emploi aujourd'hui. On rejoint un collectif dont les outils sont co-construits avec ses membres et inclus dans le modèle d'adhésion. Les principes architecturaux annoncés : LLM souverain France (Mistral via proxy LiteLLM hébergé Azure France Central — zéro donnée client hors UE), stack Next.js / Drizzle / Better Auth, hébergement EU, conformité native DORA / RGPD / AI Act. La distinction "collectif vs éditeur" est importante : le projet n'est pas vendu à des cabinets externes, il est partagé avec les cabinets membres.

À retenir : aucun logiciel n'est universellement "le meilleur". La bonne question est : "lequel couvre mes besoins réglementaires actuels et a une architecture qui supportera l'évolution réglementaire des 3 prochaines années ?" Faites des démos sur vos cas d'usage réels, pas sur des scénarios génériques.

Chapitre 9 — ROI et budget : coût total sur 3 ans, gains temps, exemples cabinets

La structure de coût d'un logiciel CGP

Un budget logiciel CGP se compose de plusieurs postes souvent sous-estimés à l'achat :

PosteDescriptionOrdre de grandeur
Licence / abonnementCoût récurrent par utilisateur ou par cabinet1 000 à 6 000 €/an
Prise en main / migrationAccompagnement initial, import des données500 à 5 000 € (ponctuel)
FormationFormation des conseillers au nouveau logiciel200 à 1 500 € par conseiller
Intégrations tiercesAPI partenaires, agrégateurs, dépositaires0 à 3 000 €/an
Modules réglementairesLCB-FT avancé, DDA, IA — souvent en option500 à 3 000 €/an
Coût total 3 ans (1 conseiller)3 500 à 15 000 €
Coût total 3 ans (5 conseillers)10 000 à 40 000 €

Ces fourchettes sont indicatives et dépendent de l'éditeur, du périmètre fonctionnel et de l'accompagnement choisi. Demandez systématiquement un devis détaillé incluant tous les postes.

Gains de temps total — de la semaine à l'année

Lire ces gains à la semaine, puis les projeter à l'année, donne la vraie échelle de l'enjeu pour un cabinet de taille moyenne :

TâcheTemps manuel estiméTemps avec logiciel dédiéGain unitaireFréquence typeGain annuel projeté (cabinet 150 clients, 8 partenaires)
Contrôle AMF (préparation dossier)15 à 40 heures2 à 5 heures10 à 35 h1 préparation/2-3 ans~10 à 15 h/an amorti
Rédaction d'un DER30 à 45 minutes8 à 12 minutes (avec IA, validation humaine obligatoire)20 à 33 min15 à 25 nouveaux clients/an~6 à 14 h/an
Révision annuelle du profil MIF45 à 90 minutes20 à 30 minutes25 à 60 min150 clients × 1/an~60 à 150 h/an
Réconciliation commissions mensuelle3 à 8 heures30 à 60 minutes2,5 à 7 h/mois12 mois~30 à 84 h/an
Filtrage LCB-FT nouveau client20 à 45 minutes2 à 5 minutes15 à 40 min15 à 25 nouveaux/an~5 à 16 h/an
Surveillance continue LCB-FT (rescreening)5 à 15 min × 150 = 12 à 37 h/anQuasi nul (auto)12 à 37 h/anAnnuel cumulé~12 à 37 h/an
Total cabinet 150 clients / 8 partenaires~125 à 320 h/an

À la semaine, c'est entre 2,5 et 6,5 heures qui changent de poche : du temps administratif récupéré pour le commercial, le conseil ou simplement la marge personnelle. Projeté à l'année, on parle de 3 à 8 semaines de travail à temps plein récupérées par cabinet — soit l'équivalent d'un mi-temps administratif sur l'exercice.

C'est à ce niveau que la décision logiciel cesse d'être un sujet d'outillage pour devenir un sujet de pilotage. Un dirigeant qui valide un abonnement à 3 000 €/an peut facilement justifier cet investissement contre 3 semaines de back-office récupérées — la question n'est plus le coût, mais le choix de l'outil capable de tenir les promesses.

Exemple cabinet 1 conseiller

Profil : CGP exerçant à son propre compte, 80 clients actifs, activité diversifiée (assurance-vie, PER, SCPI, titres), 3 partenaires principaux. Situation avant logiciel : Excel pour le suivi KYC et MIF, Word pour les DER, Dropbox pour l'archivage. Préparation contrôle AMF : 3 jours estimés.

Avec logiciel dédié : DER produit en 10 minutes vs 40 minutes (gain 30 min × 15 nouveaux clients/an = 7,5 heures/an), revue MIF automatisée (80 clients × 1 révision/an × 30 min gagnées = 40 heures/an), réconciliation commissions (3 partenaires × 1h gagnée/mois × 12 mois = 36 heures/an). Total gain estimé : 80 à 100 heures/an — soit 2,5 semaines de travail récupérées.

Budget logiciel : 1 500 à 2 500 €/an selon l'éditeur et le périmètre. Retour sur investissement calculé : si l'heure du conseiller est valorisée à 150 €/h (tarif horaire moyen CGP), 80 heures × 150 € = 12 000 € de valeur récupérée pour 2 000 € investis.

Exemple cabinet 5 conseillers

Profil : cabinet structuré, 400 clients actifs, 8 partenaires, activité assurance-vie + immobilier + titres + prévoyance.

Gains supplémentaires liés au multi-cabinet : tableau de bord superviseur (3 à 5 heures/semaine économisées sur le suivi et la coordination), journal d'audit intégré (préparation contrôle AMF réduite à 1 journée vs 1 semaine), réconciliation commissions (8 partenaires × 3h gagnées/mois = 24 heures/mois économisées au niveau cabinet).

Budget logiciel : 6 000 à 15 000 €/an selon l'éditeur.

Chapitre 10 — Checklist 30 points + feuille de route 90 jours pour démarrer

Checklist 30 points : ce que votre logiciel doit couvrir

Conformité AMF / MiFID II (8 points)

  • DER conforme avec mention du caractère non-indépendant ou indépendant du conseil
  • Rapport d'adéquation structuré avec justification de la recommandation
  • Collecte des préférences de durabilité (ESG, taxonomie UE, SFDR)
  • Évaluation du caractère approprié pour les produits complexes
  • Relevé annuel des frais et coûts par client
  • Alerte automatique sur les révisions MIF échues
  • Archivage certifié des documents avec horodatage (5 ans minimum)
  • Traçabilité de toutes les modifications documentaires (journal d'audit)

Conformité LCB-FT (4 points)

  • Questionnaire de connaissance client structuré LCB-FT
  • Filtrage PEP et sanctions automatisé
  • Archivage des justificatifs d'identité et de domicile
  • Procédure de déclaration de soupçon documentée dans le logiciel

Conformité DDA / ACPR (2 points)

  • Traçage des heures de formation continue par conseiller (15h/an DDA)
  • DIPA / analyse des besoins assurance conforme

Conformité DORA / RGPD (4 points)

  • SLA hébergement contractualisé (disponibilité, délai de rétablissement)
  • Accord de traitement des données signable avec l'éditeur
  • Hébergement en France ou UE documenté
  • Procédure d'export intégral des données sur demande

Fonctionnalités métier (8 points)

  • CRM client centralisé avec historique complet
  • Gestion multi-conseillers avec droits d'accès par rôle
  • Réconciliation des commissions avec alertes d'écart
  • Espace client avec accès aux documents partagés
  • Interface mobile (tablette, smartphone)
  • API ou intégrations natives avec vos 3 partenaires principaux
  • Tableau de bord du dirigeant avec indicateurs-clés
  • Notifications et alertes paramétrables

IA et modernité (4 points)

  • Pré-remplissage IA du rapport d'adéquation
  • Détection des incohérences profil / recommandation
  • Architecture cloud native (pas d'installation locale requise)
  • Mises à jour réglementaires incluses dans l'abonnement avec délai garanti

Feuille de route 90 jours pour démarrer

Jours 1-30 — Évaluation

Semaine 1 : identifier vos 3 critères non-négociables (conformité, intégrations, taille cabinet). Semaine 2 : demander des démos à 2-3 éditeurs sur vos cas d'usage réels (pas la démo générique). Semaine 3 : vérifier la couverture post-Kerdiz (DER, archivage, LCB-FT). Semaine 4 : demander un accès essai sur 30 jours avec vos données de test.

Jours 31-60 — Décision et préparation

Semaine 5-6 : évaluer le coût total sur 3 ans avec tous les postes de coût. Semaine 7 : négocier le contrat (clauses de réversibilité, export données, SLA DORA). Semaine 8 : lancer l'inventaire des données à migrer depuis l'outil actuel.

Jours 61-90 — Migration et déploiement

Semaine 9-10 : migration des données (cabinets de moins de 200 clients) ou lancement du projet migration (cabinets de plus de 200 clients). Semaine 11 : formation des conseillers (minimum 2 jours). Semaine 12 : bascule, validation, décommissionnement de l'outil précédent.

Vérifiez avec votre logiciel : avant de signer, testez le scénario de sortie — "si je veux partir dans 2 ans, comment j'exporte toutes mes données et sous quel délai ?" La réponse à cette question vous en dira plus sur la confiance à accorder à l'éditeur que n'importe quel argument commercial.

10 questions fréquentes

1. Quel est le coût moyen d'un logiciel CGP en 2026 ?

Un logiciel CGP coûte entre 80 et 400 € par mois pour un cabinet d'un conseiller, selon le périmètre fonctionnel (conformité seule, ou back-office complet avec IA). Pour un cabinet de 5 conseillers, le budget mensuel se situe généralement entre 300 et 1 200 €. Le coût total de possession sur 3 ans (licence + prise en main + formation + intégrations) est systématiquement supérieur au prix affiché — comptez entre 1,5x et 2,5x le tarif mensuel annualisé.

2. Un CGP exerçant en solo a-t-il besoin d'un logiciel dédié ou Excel suffit-il ?

Excel ne suffit plus en 2026. La décision Kerdiz (AMF, 1er avril 2026) confirme que les manquements à la documentation du DER et à l'archivage sont sanctionnés, quelle que soit la taille du cabinet. Pour un cabinet solo, un logiciel de conformité minimal couvrant DER, profil MIF et archivage est une nécessité réglementaire de fait. Des solutions accessibles existent dans la fourchette 80-150 €/mois.

3. Comment fonctionne la migration depuis O2S ou Harvest ?

La migration depuis O2S ou Harvest se déroule en 5 étapes : inventaire de l'existant, demande d'export intégral à l'éditeur (prévoir 2 à 4 semaines de délai), nettoyage et préparation des données, import et validation dans le nouveau logiciel, bascule. Pour un cabinet de 1 à 5 conseillers avec moins de 300 clients actifs, la durée réaliste est de 10 à 16 semaines. Voir le chapitre 7 de ce guide pour le détail méthodologique.

4. L'IA dans un logiciel CGP est-elle conforme au règlement sur l'IA ?

Oui, si l'éditeur a documenté sa conformité. Les systèmes d'IA utilisés pour évaluer le profil de risque ou la solvabilité d'une personne relèvent de la catégorie "risque élevé" (Annexe III, alinéa 5b). L'éditeur doit fournir une documentation technique conforme à l'Annexe IV du règlement. Demandez cette documentation avant tout déploiement.

5. Qu'implique la décision Kerdiz pour le DER de mon cabinet ?

La décision AMF du 1er avril 2026 contre Kerdiz Finance a sanctionné des manquements sur le DER, les frais ex ante et l'archivage documentaire. Pour votre cabinet, vérifiez que votre DER actuel mentionne explicitement le statut de conseil (non-indépendant ou indépendant). Voir notre article complet : Décision AMF Kerdiz : ce que cela change pour votre DER.

6. DORA s'applique-t-il à tous les CGP ?

DORA s'applique aux entités financières au sens de l'article 2 du règlement. Les CGP exerçant sous statut PSI sont concernés. Les CGP exerçant uniquement sous statut CIF sans agrément PSI sont dans une zone de prudence — la transposition nationale peut étendre le périmètre. Consultez votre association professionnelle (ANACOFI, CNCEF, AFPA) pour une confirmation sur votre situation spécifique.

7. Quelle est la différence entre une solution "cloud" et une solution "hébergée en France" ?

"Cloud" désigne l'architecture d'hébergement (serveurs distants, pas d'installation locale). "Hébergé en France" précise la localisation géographique des serveurs. Ces deux notions sont indépendantes : un logiciel peut être cloud et hébergé aux États-Unis (non conforme RGPD article 44 sans accord adéquat) ou cloud et hébergé en France. Pour la conformité RGPD et DORA, demandez explicitement : "Où sont physiquement hébergées mes données ?" et "Quel est votre sous-traitant d'hébergement et sa localisation ?"

8. Comment évaluer la qualité du support d'un éditeur de logiciel CGP ?

Posez ces questions en démo : quel est le délai moyen de réponse pour un ticket de support ? Avez-vous un SLA de support contractualisé ? Quand l'AMF publie une nouvelle position ou décision, sous quel délai mettez-vous à jour le logiciel ? Avez-vous une liste des mises à jour réglementaires des 12 derniers mois ? Un éditeur qui ne peut pas répondre précisément à ces questions n'a pas de processus de veille réglementaire structuré.

9. Peut-on utiliser plusieurs logiciels CGP en parallèle (répartition par activité) ?

Techniquement oui. Pratiquement, c'est une source de risque documentaire : un client peut avoir son profil MIF dans un outil et son dossier LCB-FT dans un autre, avec le risque de désynchronisation. La tendance du marché est à la consolidation dans une seule plateforme. Si vous utilisez deux outils, documentez explicitement la cartographie outil/données et assurez-vous que les exports croisés sont réguliers et vérifiés.

10. Fyneo propose-t-il un logiciel CGP ou un réseau de distribution ?

Fyneo est un collectif de CGP — pas un réseau de distribution au sens traditionnel (sans redevance, sans exclusivité produit). Le logiciel Fyneo est l'outil technologique que le collectif a construit pour ses membres : back-office, conformité (DER, MIF, LCB-FT), commissions, CRM. Il n'est pas commercialisé séparément — il est inclus dans le modèle d'exercice pour les membres du collectif. Pour évaluer si ce modèle correspond à votre situation, réserver un échange.

À propos de l'auteur

David LIN est CGP CIF IAS, fondateur de Fyneo Patrimoine (collectif de conseillers en gestion de patrimoine) et de Cercle Dali (cabinet de conseil patrimonial). ORIAS 19006482 — vérifiable sur orias.fr. Profil LinkedIn : linkedin.com/in/david-lin-fr.

Disclaimer

Ce guide est fourni à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement, un conseil juridique ou une recommandation d'achat d'un logiciel spécifique. Les informations réglementaires sont à jour à la date de publication (mai 2026) — les textes réglementaires évoluent et doivent être vérifiés auprès des autorités compétentes (AMF, ACPR) ou d'un conseil spécialisé. Les comparatifs de logiciels sont établis sur la base d'informations publiques et sont susceptibles d'évoluer. Fyneo Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine agréé CIF et IAS (ORIAS 19006482).

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